Les relations internationales (RI) à l’Université Toulouse III – Paul Sabatier concernent la recherche et la formation mais participent aussi plus largement à l’éducation au sens large (citoyenneté, acceptation d’autrui, ouverture d’esprit, interculturalité). Elles concernent toutes les composantes en prenant en compte les spécificités de chacune.
Les axes
géographiques avec lesquels notre université entretient des relations résultent
soit de programmes structurés (Erasmus, TASSEP, BCI), soit de collaborations
qui ont souvent été développées par des initiatives personnelles. Parmi les
secteurs géographiques concernés figurent l’Europe (dont les pays limitrophes
de la Russie), la rive sud de la Méditerranée, les Etats-Unis et le Canada, la
Russie, l’Asie (l’Inde, la Chine…), l’Afrique du sud et de l’ouest,
Madagascar, le Japon, l’Amérique du Sud, et l’Océanie.
Etudiants
« entrants »
Les étudiants
étrangers sont les ambassadeurs de la France et de notre Université quand ils
retournent dans leur pays. Nous devons les accueillir dans les meilleures
conditions. Malgré les efforts existants (Toul’box de l’Université Fédérale par
exemple), de nombreux progrès sont à faire concernant l’accueil de ces
étudiants entrants. Il faut développer de nouveaux outils pour faciliter l’intégration
de tous les étudiants étrangers : mise en contact systématique des
étudiants entrants avec les associations étudiantes et information accrue
auprès de nos propres étudiants sur les aspects positifs d’un échange avec leurs
homologues étrangers qui ont souvent des points de vue et des méthodes de
travail différents des leurs. La possibilité d’un “parrainage”
volontaire d’un membre de l’université avec une réunion de bienvenue pour
expliquer la vie en France et à Toulouse est aussi à considérer.
Le site web de
l’université devra avoir une page constituant un point d’accès unique en
anglais pour les étudiants étrangers qui souhaitent effectuer leurs études dans
notre université avec des liens à la fois vers la scolarité (en soulignant les
cours en anglais) et vers les pages des relations internationales (pour les
questions de la vie pratique par exemple).
L’offre de français langue étrangère (FLE) doit être développée pour pouvoir proposer des cours à des niveaux différents inclus dans les syllabus. Le Centre de Ressources en Langues (CRL) de la FSI et le Centre de Relations Internationales et de Langues (CRIL) de l’IUT ont aussi un rôle crucial à jouer pour aider les étudiants entrants qui ont envie de pratiquer leur français et de rencontrer des étudiants francophones.
Les échanges
internationaux doivent également contribuer à un soutien aux pays en
développement et aux étudiants dans ces pays. Une fois encore, cette
contribution concerne non seulement la recherche et la formation mais aussi
l’éducation, incluant par exemple le partage d’expériences concernant l’organisation
et la gouvernance des projets universitaires.
Etudiants « sortants »
Il est unanimement reconnu que le séjour à l’étranger de nos étudiants
contribue à renforcer leur culture scientifique, linguistique et humaine. C’est
aussi un atout dans une future recherche d’emploi.
La mobilité
des étudiants de notre université, quoique bonne, reste insuffisante si on la
compare à celle de nos voisins européens. Il sera important d’identifier les
freins à la mobilité afin de proposer des mesures appropriées.
Parmi ces mesures, il est nécessaire de mieux informer nos étudiants sur l’intérêt et l’étendue de l’offre de mobilité, sur les possibilités de financement et de mieux les préparer aux chocs linguistique et culturel qu’ils peuvent rencontrer lors de leur séjour. De plus il est important de mieux valoriser l’expérience acquise lors de leurs séjours à l’étranger et de les aider à la partager avec les étudiants qui n’ont pas encore pu saisir cette opportunité. Ceci passera par le développement des contacts avec les associations étudiantes, le SCUIO ainsi que l’ensemble des enseignants de langues, le CRL et le CRIL. L’unité langues vivantes propose par exemple déjà un module “préparer une mobilité à l’étranger” en L2 ainsi qu’un atelier par semestre sur ce thème au Centre de ressources des Langues. Il faudra réfléchir aux possibilités d’étendre cette offre.
Mobilité des
personnels
La mobilité du personnel est un aspect à développer au sein de notre université. Cette mobilité devrait être ouverte à tout le personnel, pas uniquement aux enseignants-chercheurs et aux chercheurs. Tout d’abord il y a des possibilités de financement Erasmus pour des courts séjours qui ne sont pas exploitées pleinement malgré un effort du Département des Relations européennes, internationales et de la coopération (DREIC) dans ce sens. Puis, par exemple, l’université pourrait améliorer sa politique de CRCT (Congé pour Recherche et Conversion Thématique) avec un agenda plus pratique et un budget fléché pour ces opérations.
Recherche et RI
La stratégie internationale de notre université privilégie les échanges structurés intéressant l’enseignement et la recherche en s’appuyant sur la mobilité (études et stages), des co-diplomations, des cotutelles de thèses, des enseignements délocalisés ainsi que sur des structures de recherche développées en commun (LIA, GDRI, …). Une meilleure synergie entre recherche et formation permettra de mieux valoriser le grand réseau de contacts établis.
L’université et le DREIC soutiennent la collaboration scientifique internationale, par exemple dans l’élaboration et la signature d’accords de collaborations. Il y a une forte demande d’avoir une procédure aussi rapide et simple que possible, tout en protégeant la propriété intellectuelle. Nous voulons simplifier et clarifier les procédures administratives en proposant des modèles d’accord avec un texte validé à l’avance. Ceci implique des discussions en amont entre les composantes, les représentants des conseils, le service juridique de notre université, et la Direction du Soutien aux Laboratoires.
Le DREIC, élément-clé de nos
relations internationales
Le
Département des Relations Européennes, Internationales et de la Coopération de
notre université a une très bonne réputation pour la qualité de ses actions.
Cependant il a beaucoup souffert d’une baisse de son budget de l’ordre de 80%
en 4 ans et des difficultés à conserver son personnel. Le maintenir, le
renforcer et faciliter ses actions futures est une priorité. Ceci passe par un
certain nombre d’actions : (1) Augmenter progressivement le nombre de titulaires
pour garder une cohérence et maintenir l’expertise, (2) Avoir une politique de
recrutement des CDD en phase avec les projets internationaux et (3) Reconnaitre
le travail effectué à sa juste valeur (niveau d’expertise requis) afin d’améliorer
l’attractivité pour les personnels du DREIC. Ces mesures peuvent être financées
au moins pour partie en utilisant le budget propre disponible et devraient être
rentabilisées à moyen ou long terme. Il faut aussi veiller à la formation et à
la diversification des responsabilités des personnels.
Actions à venir
De nombreux sujets importants devront être rapidement traités par la nouvelle présidence de notre université :
(1) Traiter la question des frais d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers (dispositif “Bienvenue en France“). Le positionnement de notre université devra se faire en prenant en compte le plafond des exonérations autorisées et après concertation afin de trouver le juste équilibre entre rayonnement international, solidarité, et moyens financiers pour améliorer les actions d’accueil.
(2) Préparer la mise en pratique
de l’institut franco-chinois d’ingénierie avec l’arrivée de cent étudiants de l’Université
du Nord-Est, Shenyang, Chine, en L3 de chimie, de mécanique et d’EEA dès
septembre 2021.
(3) Pérenniser l’avenir et le
financement de l’antenne de notre université en Chine.
(4) Participer à une demande d’Université
Européenne (pilotée par l’Université Fédérale) avec la thématique
“espace”.
A moyen terme, notre université devra :
(1) Augmenter son offre de formation en anglais afin de rattraper le retard existant avec les grandes universités françaises (Sorbonne Université, Université de Strasbourg…) et européennes. Ceci permettra de faciliter la mobilité entrante et de mieux préparer nos étudiants à une mobilité sortante. Cette augmentation du nombre des cours scientifiques enseignés en langue anglaise passera par la rémunération du travail occasionné par ce basculement (rédaction des supports etc.) et par un accompagnement par des enseignants spécialistes de l’anglais ; l’accompagnement concernera aussi bien les enseignants que les étudiants. Les Ecoles Universitaires de Recherche (EUR) du site seront sollicitées pour accompagner cette politique et aller plus loin et plus vite dans cette direction. Il serait aussi avantageux d’augmenter les possibilités pour les étudiants de maîtriser d’autres langues pour partir par exemple en mobilité Erasmus en licence où les cours sont les plus souvent proposés dans la langue du pays visité.
(2) Soutenir la mise en pratique des
EUR, qui va nécessiter de nouveaux besoins en termes de coopération
internationale et de mobilité. Le DREIC pourrait les accompagner après une
phase de dialogue afin de comprendre leurs besoins spécifiques.
(3) Discuter de l’organisation de
nos activités à l’International : comment les structurer, comment les
développer, comment faire évoluer la politique de renforcement des axes géographiques
et les outils pour la développer (bourses de thèse, CRCT, …).
(4) S’affirmer auprès de l’Université
Fédérale de Toulouse, qui est un bon vecteur pour coordonner des actions
conjointes à l’international. Nous devrons pour cela accroître le dialogue et
s’assurer que nos priorités soient mieux prises en compte dans la politique de
site.
Nous tenons à remercier tous les
acteurs actuels des relations internationales de notre université qui font un
travail remarquable dans un environnement difficile. Les quelques idées présentées
dans ce texte visent à lancer une réflexion stratégique sur le positionnement
des relations internationales à l’Université afin de poursuivre les opérations
qui fonctionnent et de mettre en place de nouvelles actions ambitieuses, dans
un élan d’ouverture.
Association l’Université d’Abord – novembre 2019
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