L’Université Toulouse 3-Paul
Sabatier, dite UT3, est un acteur majeur de l’Université Fédérale Toulouse
Midi-Pyrénées (UFTMiP). Elle fait partie des six établissements fondateurs de
l’Université Fédérale et contribue largement à la visibilité internationale du
site universitaire toulousain par l’excellence de ses laboratoires et de ses
enseignements. Le projet ANITI sur l’Intelligence Artificielle et les huit
Ecoles Universitaires de Recherche ou encore le projet d’innovation pédagogique
ACORDA constituent actuellement des programmes phares de Toulouse. ANITI et sept
des huit EUR sont portés par l’Université Fédérale mais il apparaît clairement
qu’UT3 a un rôle moteur dans ces projets. UT3 est également un support majeur
pour le projet de campus Biosanté en gestation, projet ambitieux qui vise à
regrouper physiquement, sur le site de Langlade, plusieurs grands centres de
recherche toulousains dans le domaine biomédical.
Cependant, malgré ces succès récents, le site toulousain a encore un
défi majeur à relever pour étendre son rayonnement : c’est la création de
l’Université de Toulouse. Le projet d’établissement qui visait à créer
l’Université de Toulouse en fusionnant les deux universités toulousaines UT2 et
UT3 ainsi que les écoles d’ingénieurs INSA et INP n’a hélas pas rencontré le
succès. Cela a engendré le non-renouvellement de l’IDEX avec une perte de
financement importante pour l’Université Fédérale de Toulouse, qui impacte tous
les établissements et laboratoires de Toulouse et sa région.
Parvenir à créer l’Université de Toulouse est une priorité pour le site
toulousain, et sera de fait un objectif prioritaire d’UT3 si j’en deviens le
président. Pour accroître la visibilité de notre site il est urgent que tous
les acteurs soient réunis autour d’un vrai projet d’établissement, fédérateur
mais non fusionnel, qui soit à la base de la future Université de Toulouse. Notre
analyse des raisons qui ont conduit à l’échec du précédent projet
d’établissement m’amène à faire les propositions suivantes :
- Fonder le
projet d’UT sur une concertation des personnels et des usagers afin qu’ils s’y
sentent vraiment impliqués et qu’ils n’aient pas le sentiment que tout vient
d’ « en haut » sans leur demander leur avis.
- Faire évoluer la
gouvernance de l’Université Fédérale afin d’aboutir à une plus grande
efficacité. Il s’agirait de diminuer le nombre de membres élus du conseil
d’administration (une trentaine), lequel s’appuierait sur des collèges
électoraux fondés sur les catégories de personnels indépendamment des
établissements. Ces nouvelles instances seront ainsi le creuset de la structure
collective.
- Générer un
projet réellement fédérateur qui n’exclue aucun établissement toulousain, donc
prendre ses racines dans l’existant, c’est à dire l’Université Fédérale, et le
faire évoluer vers l’Université de Toulouse, étape par étape. Il s’agira de
construire l’Université de Toulouse à partir de ce qui est déjà commun aux
différents établissements qui la composent, avec le soutien des tutelles et des
collectivités locales. En plus des services mutualisés dans l’actuelle
Université Fédérale, se rajouteront des programmes d’enseignement et de
recherche inter-établissements.
Ces premières pistes que je propose ne seront pas faciles à mettre en
œuvre, mais elles constitueront les premières pierres de la construction de
l’UT, qui ne peut réussir que si ses fondations sont solides. Une action
progressive, libre de toute rupture, qui trouve le soutien non seulement des
gouvernances des établissements, mais aussi des personnels et des usagers, me
paraît être la condition de la réussite du projet. UT3-Paul Sabatier, forte de
ses nombreux laboratoires de renommée internationale, et forte de ses nombreux
étudiants, se doit d’être le moteur de la structuration et de la vie de l’Université
de Toulouse.
Serge Cohen et l’association UdA
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